Comment défendre seul en situation de deux contre un au rugby ?

Plaquage en cathédrale de rugby

Le plaquage phénoménal, autrement appelé « plaquage french cancan » ou « plaquage bicyclette »

La défense seul face à un deux contre un

Au rugby un deux contre un d’école devrait normalement être imparable et aboutir sur une franche occasion d’essai. En réalité, il est possible de mettre en échec l’attaque en manœuvrant vite et bien. Voici quelques conseils pour apprendre à bien négocier en défense un deux contre un:

Il y a deux moments clés en défense: la manœuvre, puis l’intervention.

À moins d’une urgence absolue sur la ligne d’essai, il faut dans un premier temps bien savoir utiliser l’espace afin de tenter de « déplacer » les attaquants et se préparer une situation plus favorable avant d’intervenir.

1) La manœuvre: l’organisation et l’utilisation de l’espace

Considérons tout d’abord l’axe du terrain. Si on a du champ, on a du temps. Il ne faut pas intervenir immédiatement sur l’attaquant mais plutôt reculer en naviguant à distance, ce qui aura très souvent pour conséquence de ralentir le porteur du ballon.  En freinant l’attaque on peut donc éventuellement permettre à un de nos coéquipiers d’avoir le temps de revenir prêter main forte et transformer le deux contre un en deux contre deux. Quand c’est possible, il est préférable d’abandonner dix ou vingt mètres afin de se mettre en meilleure position avant intervenir.

Ensuite il faut mettre à profit ce (très court) laps de temps pour également manœuvrer latéralement. Plus les attaquants auront d’espace pour exécuter leur deux contre un, plus il sera difficile de défendre. Il faut donc chercher à les rapprocher pour leur faire jouer leur deux contre un dans un couloir de bonne. Les surnombres sont plus fréquents au bord du terrain, vous pouvez sûrement compter sur la ligne de touche (de mémoire d’homme la touche n’a jamais raté un plaquage, sauf en cas d’arbitrage bigleux). Mais comment faire pour diriger les deux joueurs vers la touche ? Surtout ne vous placez pas entre les deux attaquants (ils vont s’écarter), ni même face au porteur du ballon. Coupez lui franchement la route vers le retour intérieur en vous plaçant carrément en dehors du couloir formé par les deux attaquants. Comme il n’aura plus que le choix de l’extérieur, il va au pire courir tout droit, mais les attaquants courant déjà naturellement en travers (même au niveau professionnel), vous verrez qu’en pratique il va glisser vers son soutien (et la touche), et faire ainsi diminuer l’espace latéral.

[warning]Avant même la situation de un contre deux, il est important de l’anticiper et de communiquer avec ses partenaires pour l’éviter à tout prix. Il ne faut pas hésiter à crier pour appeler du renfort, et en parler après coup, car certains coéquipiers qui ont eux-même provoqué l’infériorité numérique par un mauvais placement ne s’en sont peut-être pas rendu compte. Il faut aussi éviter que cette situation ne se répète durant le même match, un essai de retard ça va, deux, bonjour les dégâts ![/warning]

2) L’intervention: le plaquage

Bon, depuis le temps que tu viens sur le site de Rugby à XV de France on commence à se connaître, on peut se tutoyer non ? Reprenons, tu as fait le maximum pour bien placer les pions sur l’échiquier, c’est le moment de l’action. Première question, sur qui défendre, ils sont deux ? Oublie l’option du plaquage du soutien. Souvent hors de portée, il est rare que le porteur commette l’erreur de lui passer trop tôt le ballon (ceci dit si jamais ça arrive, régale-toi et fonce joyeusement sur ses costiches !).

C’est sur le porteur du ballon que tu vas intervenir, tu peux préparer la planche à découper. Premièrement, parce que personne ne t’en voudra si au moins tu as plaqué un des deux joueurs, mais surtout parce qu’il peut encore s’en passer des choses s’il est obligé de faire la passe: en-avant, hors-jeu du soutien trop pressé de marquer ou le must: tu bloques le ballon au moment du plaquage. Le scénario catastrophe serait de te manger une feinte de passe (la honte suprême), il faut absolument l’éviter. Il ne faut donc pas qu’il fasse la feinte de passe, mais il faut absolument lui en donner l’idée avant de le plaquer. Voici comment:

Tu as attendu en vain le retour de tes partenaires mais ils sont tous encore occupés à mater Isabelle Ithurburu: tu vas devoir agir seul. Tu es prêt, tu as resserré l’espace entre les attaquants, tu passes à l’action au moment qui te semble le plus opportun. Pour avoir des chances de succès, ton action défensive doit toujours être foudroyante, tant dans sa rapidité comme dans sa férocité. Place-toi soudain face au porteur du ballon (il ralentit), fais mine d’hésiter un quart de seconde (il arme sa passe), fais un pas en direction de son soutien (le porteur opte donc pour la feinte de passe) puis reviens immédiatement plein fer vers le porteur (en enchaînant crochet extérieur, crochet intérieur, plaquage). Au moment du plaquage ne perds jamais de vue le ballon, débrouille-toi pour plaquer d’un seul bras et garde l’autre bras en hauteur pour essayer de bloquer ou capter le ballon. S’il a mordu à ta feinte, l’attaquant a encore le ballon en main. S’il a réussi à faire la passe, tu n’as rien à te reprocher.

Laurent Delmas, envoyeur spécial de Rugby à XV de France.

 

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