Interview Raphaël Saint André

Le club de rugby du LOU a énormément évolué.

Rugby à XV de FranceRaphaël Saint André bonjour, un mot tout d’abord sur votre actualité. Après cinq années passées à entraîner l’équipe du LOU, vos chemins se sont séparés cet été. Diriger une équipe de rugby professionnelle pendant plusieurs années doit être très enrichissant humainement, quels enseignements positifs retenez-vous à titre personnel de cette expérience ?

L'avis de l'entraîneur Raphaël Saint André sur le rugby moderneBonjour, il est vrai que passer cinq  ans en tant qu’entraineur d’un club pro est une expérience très enrichissante. Je ne retiens que le positif, une 1/2 finale et une finale de Pro D2, un titre de champion de France de Pro D2 et des moments de vie extraordinaires. Alors même si cette expérience s’est terminée par une redescente en Pro D2, je pense que durant ces cinq années le club de rugby du LOU a énormément évolué de manière très positive.

Interview de Raphaël Saint André: le LOU a énormément évolué

Le moment est venu de souffler un peu avant de repartir vers une nouvelle aventure avec un autre club. J’ai lu dans la presse que vous entraînez une équipe de jeunes en attendant des propositions. Vous avez déclaré être ouvert à un poste d’entraîneur à l’étranger, avez-vous des pistes concrètes pour l’instant ?

Mon actualité se divise en plusieurs parties. Tout d’abord cela fait du bien de souffler un peu, après 23 ans de rugby non stop ma famille et surtout mes enfants profitent de moi. Je décompose mon emploi du temps en plusieurs activités, en premier lieu je m’occupe de mes deux restaurants: l’un se trouve à Lyon, et l’autre à Lalonde les Maures. En second lieu, je commente des matchs à la TV Française pour le compte du groupe Canal plus. Et enfin, je me réimplique un peu dans la société Couleur Voyage (agence de voyage spécialisée dans le sport) que j’avais créée avec un associé en 1997, et enfin je commence à regarder les opportunités dans le rugby. Il est vrai que partir une paire d’années à l’étranger serait quelque chose qui m’intéresserait beaucoup.

 

Les défenses prennent le pas sur les attaques.

 

Quel est votre regard d’entraîneur sur le rugby d’aujourd’hui ?

D’une manière générale, pensez-vous qu’il est plus difficile d’attaquer au rugby qu’avant ?

 

Il est vrai qu’actuellement les défenses prennent le pas sur les attaques. Pourquoi ? Les joueurs sont de plus en plus athlétiques, et aujourd’hui les quinze joueurs de chaque équipe couvrent plus de terrain et plaquent beaucoup. Par exemple, un pilier dans les années 80 ne faisait qu’un ou deux plaquages par match quand ceux d’aujourd’hui peuvent en faire plus d’une dizaine. Je vous laisse imaginer les conséquences, car dans le même temps les terrains ne se sont pas élargis !

L’autre raison à mon sens est le fait que le règlement au rugby oblige presque trois joueurs offensifs minimum à aller au sol pour conserver un ballon (un porteur + deux soutiens) contre bien souvent un seul défenseur. Du coup, l’attaque se retrouve en infériorité numérique.

Enfin, il est à mon sens complètement suicidaire de favoriser la défense par le règlement, notamment dans le jeu au sol. En effet, on constate aujourd’hui qu’il est presque plus facile de contester un ballon que de le conserver.

Et enfin, le coaching n’aide pas les attaques en permettant à sept joueurs frais de rentrer en cours de match.

 

Avez-vous des solutions à suggérer afin de favoriser l’attaque ?

 

Retirer un ou deux joueurs du terrain offrirait plus d’espace c’est sûr… Mais je pense que la meilleure solution serait de modifier le règlement concernant le jeu au sol et de trouver une règle favorisant le porteur de balle et non le défenseur, comme cela les équipes seraient moins frileuses en attaque, y compris dans leurs propres 22 mètres.

De plus, est-il vraiment judicieux de permettre aux équipes de changer près de la moitié des joueurs durant la partie alors que la fatigue commence a ouvrir des espaces ? Peut être que le coaching doit aussi être remis en question. Et enfin je pense que les arbitres doivent être plus sévères, et ne pas hésiter à accorder un essai de pénalité dans le cas d’une faute dans les cinq mètres.

 

La pénalité à deux points ou l’essai à six points: de fausses bonnes idées.

 

Quel est votre avis sur la pénalité à deux points ?

 

Votre dernier article a le mérite de lancer le débat. Mais la pénalité à deux points, tout comme l’essai à six points par exemple, sont à mon sens de fausses bonnes idées: tous les entraîneurs et joueurs de haut niveau vont alors se mettre à la faute délibérément afin d’éviter de prendre des essais. Baisser le tarif de la pénalité, c’est ouvrir la porte à l’anti-jeu.

Je dois en effet reconnaître qu’avec la pénalité à deux points, les fautes risqueraient de se multiplier, à moins de trouver une parade pour éviter l’anti-jeu. Et si à chaque pénalité on expulsait systématiquement le joueur fautif cinq minutes (dix, ce serait trop), seriez-vous plus favorable à la pénalité à deux points dans ce cas-là ? Cela serait vraiment dissuasif, car la sanction toucherait plus directement le joueur, et puis cela créerait des déséquilibres numériques propices aux attaques. Qu’en dites-vous ?

Peut être, mais attention dans ce cas de ne pas se retrouver à 10 contre 10 au bout de 8 mn de match…

 

Merci beaucoup Raphaël Saint André pour votre disponibilité, et bonne chance pour la suite de votre carrière d’entraîneur, vous le méritez.

Laurent Delmas, le 12 septembre 2012.

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