Pourquoi Montpellier n’a pas tenté la pénalité de l’égalisation

Prolongations de la demi-finale du Top 14. Les équipes de Montpellier et de Castres se livrent un match au couteau, avec deux packs hautement orgueilleux qui se rendent coup pour coup en mêlée et en touche, deux charnières qui occupent avec lucidité le terrain tandis que chaque joueur évite de faire la faute de trop.

demi-finale de rugby Castres Montpellier à LIlle

Demi-finale de rugby Castres Montpellier à Lille le 17 mai 2014

Les deux équipes ne se lâchent plus d’une semelle, dans un scénario haletant rappelant cette autre dramatique demi-finale entre Clermont et Toulon. Seremaia Baïkeinuku ajoute une dose de suspense et sème le doute dans les têtes montpelliéraines en claquant un drop d’école en fin de première mi-temps de la prolongation. Mais plus tard en seconde mi-temps Montpellier se voit offrir une occasion en or d’égaliser sur une pénalité en bonne position. Cependant, contre toute attente, les héraultais choisissent la pénaltouche. Pourquoi ce choix si téméraire de la part des équipiers de François Trinh Duc ?

Pourquoi Montpellier n’a pas tenté la pénalité de l’égalisation pendant les prolongations du match de rugby contre le Castres Olympique ?

On pourrait penser qu’ils ont tenté un coup de poker, mais il s’agirait en fait d’une confusion dans le camp montpelliérain au sujet du règlement en cas d’égalité qui leur aurait fait prendre cette décision lourde de conséquences. En effet, le staff de Montpellier pensait qu’en cas d’égalité à la fin de la prolongation, seuls les points marqués AVANT la prolongation étaient pris en considération pour départager les deux équipes (19 à 19 à la 80° mn). C’est d’ailleurs ce qu’aurait annoncé à tort  le speakeur du stade Pierre Mauroy de Lille à la mi-temps de la prolongation. Étant donné que Castres comptait une pénalité de plus que Montpellier à la 80°, et si telle avait été la règle, le Castres Olympique aurait été déclaré vainqueur en cas d’égalisation à 22 à 22 par pénalité. Et c’est pour cette raison que les montpelliérains ont tenté de marquer un essai, pensant qu’une pénalité n’aurait pas suffit pour au moins accéder aux tirs au but.

 L’explication de Fabien Galthié en vidéo au sujet du règlement:

 

Règlement en cas d’égalité en phases finales du championnat de rugby de Top 14

En cas d’égalité à la fin d’un match de phase finale de rugby, pour départager les équipes sont pris en compte dans l’ordre:

  1. le nombre d’essais
  2. le nombre de pénalités
  3. le nombre de drops
  4. le nombre de cartons rouges
  5. et enfin les tirs au but

Et c’est l’intégralité des points marqués durant tout le match (prolongations comprises) qui sont pris en compte en cas d’égalité. Dans le cas de la demi-finale de samedi, si Montpellier avait tenté et réussi la pénalité il y aurait eu une égalité parfaite entre les deux équipes (1 essai, 1 transformation, 4 pénalités et 1 drop partout). On aurait alors assisté à une séance de tirs au but.

Mais c’est peut-être aussi bien comme ça que les équipes se soient départagées sur cette action de jeu plutôt que sur une aléatoire séance de coups de pied. Après tout le choix n’était pas si mauvais que ça, Montpellier a bien failli le marquer cet essai libérateur !!! Et Castres a vraiment mérité sa victoire, en confisquant par deux fois le ballon en touche, puis sur la mêlée consécutive avec introduction Montpellier. !!!

Déroulement des tirs au but au rugby après prolongation

Au cas où le scénario infernal de l’égalité parfaite se présenterait lors de la finale au Stade de France, un rappel au sujet de la séance des tirs au but. Les capitaines des deux équipes doivent désigner les cinq premiers buteurs immédiatement après le coup de sifflet final parmi les quinze joueurs présents sur le terrain à la fin de la prolongation. Ensuite l’arbitre procède à un tirage au sort. Le capitaine d’équipe gagnant le toss choisit le côté du terrain où se dérouleront les tirs au but, tandis que l’autre équipe débutera la série.

Les tirs aux buts sont effectués des 22 mètres face aux poteaux. Les cinq premiers buteurs des deux équipes vont alternativement buter. Si après les cinq tentatives les deux équipes sont encore à égalité, la série de tirs aux buts continue en mort subite avec un nouveau buteur à chaque tentative. Dès qu’un buteur réussit et que son adversaire rate la pénalité son équipe est déclarée vainqueur.

Laurent Delmas

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