Pourquoi Toulon ?

Pourquoi Toulon peut gagner le Brennus et la Hcup

Pourquoi Toulon ?

Si vous avez la gâchette facile, vous avez déjà répondu « Parce que Toulon !!!« . Le club varois, auteur d’un début de championnat tonitruant s’est installé dans le fauteuil de leader du Top 14, et semble en mesure d’y rester fort longtemps, voire de décrocher le bouclier de Brennus, 26 ans après le sacre de l’équipe à Daniel Herrero. Cependant la route est encore longue d’ici là, mais surtout Toulon n’est pas la seule équipe capable de remporter le Top 14 ou (et ?) la coupe d’Europe de rugby en 2013. Pour cette raison, et car il n’y a pas que Toulon dans le Top 14, vous pourrez lire ces jours-ci sur Rugby à XV de France deux autres articles posant la question « pourquoi Toulon ?« , mais aussi « pourquoi Clermont-Ferrand« , et enfin « pourquoi Toulouse » peuvent-ils remporter le bouclier, et pourquoi pas la Hcup.

Tout le monde s’accorde à dire que Toulon, le Stade Toulousain et l’ASM font partie des trois favoris pour remporter le Top 14 cette saison. On peut  penser qu’une quatrième équipe pourrait se mêler à la bataille finale, mais ce serait dans un rôle d’outsider. Premier constat, parmi ces trois favoris, deux d’entre eux se qualifieront sans doute directement pour les demi-finales, tandis que le troisième devra batailler un match de barrage supplémentaire, ce qui sera un handicap (le risque de perdre), ou bien un avantage (c’est aussi un « match de préparation » avant la demi-finale).

 

Le RCT peut-il remporter le bouclier de Brennus ?

Mais revenons-en à Toulon. Le RCT est-il capable de finir leader du top 14 et de remporter le bouclier de Brennus ? (et pourquoi pas soulever la coupe d’Europe tant qu’on y est ?). La réponse est oui bien sûr, sur le papier cette équipe semble avoir les moyens de tout remporter. Ceci étant dit, la question qui taraude les esprits est plutôt de savoir comment les toulonnais vont se comporter en phase finale dans ces compétitions. En effet, si le RCT semble actuellement être l’équipe favorite pour terminer en tête de la phase régulière, l’ASM et le Stade Toulousain sont bien plus expérimentés en phases finales, et cette expérience pourrait faire la différence. N’oublions pas que l’année dernière Toulon a perdu deux finales, face à Toulouse dans le Top 14, mais aussi face à Biarritz en Challenge Européen. On voit mal Toulouse ou l’ASM chuter face à Biarritz en phase finale. Alors, le Rugby Club Toulonnais a t’il suffisamment appris l’année dernière pour rivaliser jusqu’au titre avec les plus grands de France et d’Europe ? Quels sont les points forts et les faiblesses du RCT ?

 

L’effectif du RCT

Mourad Boudjellal, au stade Yves du Manoir de MontpellierIncontestablement, le point fort de Toulon c’est son recrutement. Une nouvelle ère a commencé pour le RCT en 2006, lorsque Mourad Boudjellal a accédé à la présidence du club. Tout d’abord en Pro D2, avec les signatures de joueurs exceptionnels comme Tana Umaga, Andrew Mehrtens ou George Gregan, puis en Top 14 avec les arrivées de Jonny Wilkinson et Matt Giteau, le fondateur de la maison d’édition Soleil Productions a propulsé le rugby toulonnais au tout premier plan. Le recrutement continue aujourd’hui avec les arrivées de Chris Masoe et de Frédéric Michalak, deux joueurs clé du Castres Olympique et des Natal Sharks la saison dernière, et l’on évoque déjà l’arrivée de Danie Rossouw, dont la signature a été officialisée le 8 octobre dernier. Apparemment, le RCT ne se refuse rien, et se construit grâce à un recrutement de type « pharaonique », en suivant le modèle des plus grands clubs de foot de la planète. Cette année Toulon possède « seulement » le quatrième budget du Top 14 (*21,8 M€, loin derrière les 34,9 M€ su Stade Toulousain), et semble pourtant capable de s’offrir les plus grands joueurs de la planète. Quel est donc le secret de Mourad Boudjellal ?

 

L’apport de  Laporte

Bernard Laporte a soulevé le Brennus en tant que joueur, en tant qu’entraîneur et a il été sélectionneur de l’équipe de France. Qu’on l’apprécie ou pas, c’est une référence dans le monde du rugby, et c’est une personne très exigeante, jusqu’à l’obsession. Nous avons tous en mémoire son fameux « pas de fautes, pas de fautes, pas de fautes !!! » martelé dans les vestiaires du XV de France il y a quelques années. Pour Toulon, l’apport de Laporte (si je peux me permettre), c’est un style de jeu caractérisé par beaucoup de puissance, et avec un minimum de fautes. Le rugby de Bernie, c’est offrir un minimum de points à l’adversaire, et de toujours avancer, centimètre par centimètre s’il le faut. Avec Bernard Laporte, Toulon est plus rigoureux en défense et impose un défi physique permanent à ses adversaires, jusqu’à l’écoeurement. Les résultats plaident en sa faveur en ce début de saison. Cette méthode est efficace, et Bernard Laporte semble en effet bel et bien capable de succéder à Daniel Herrero au palmarès du Rugby Club Toulonnais et de ramener le Brennus sur la rade. Dès cette année ? La réponse sera sur le pré.

 

L’équipe de Toulon poste par poste

La première ligne doit être une des priorités pour le RCT, la mêlée varoise ayant énormément souffert face à Toulouse en finale l’an passé. C’était certes en l’absence de Carl Hayman, mais pour rivaliser avec entre autres la monstrueuse paire Johnston Steenkamp, Toulon doit absolument offrir des garanties en mêlée fermée, et à compter dans ses rangs des remplaçants de qualité, d’autant plus que cette année il y aussi la Hcup à jouer. Pour cette raison le club varois a recuté le pilier de Sale Andrew Sheridan, et le gallois Gethin Jenkins est venu renforcer le côté gauche de la mêlée varoise. Au poste de talonneur, on aimerait bien voir cette année Jean-Charles Orioli (23 ans) monter en puissance et s’imposer comme un leader et titulaire incontestable.

En seconde ligne, il y beaucoup d’expérience, des garçon solides qui jouent juste et font peu de fautes. Bakkies Botha est capable de faire gagner 10 mètres sur un plaquage, comme il l’a fait à biarritz le week-end dernier: « Tu vas vers ton en-but ? Viens, je te dépose, c’est sur mon chemin !« . Mais attention au poids des années (39 ans pour papy Simon Shaw), il va falloir songer à recruter (ou à former ?) assez rapidement.

La troisième ligne est très compétitive. Van Niekerk est un joueur exemplaire, un guerrier capable de galvaniser (pardon Daniel, de transcender) toute une équipe à lui seul. Steffon Armitage est très offensif et ouvre de nombreuses brèches dans les défenses adverses. La troisième-ligne du RCT manque peut-être un peu de mobilité, Pierrick Gunther avec ses jambes de feu pourrait être la solution s’il continue son excellent début de saison. En huit, Chris Masoe est encore en deçà du niveau qui était le sien à Castres, temps d’adaptation ou système de jeu différent ? A suivre…

Wilko, le demi d'ouverture du Rugby Club de ToulonA la charnière, Toulon est très (trop ?) bien pourvu. Abondance de biens ne saurait nuire, à condition de bien savoir gérer le temps de jeu de chacun et d’instaurer une saine concurrence dans le club. Il y a du beau monde en neuf, avec Sébastien Tillous Bordes, auteur d’une excellente saison l’année dernière, et Nicolas Durand, enfin sorti du frigo du Racing Métro. Jonny Wilkinson, très régulier, semble indéboulonnable car peu de joueurs au monde sont capables comme lui de faire basculer un match. Les performances de Frédéric Michalak, auteur d’une excellente tournée en Argentine, sont très attendues à Toulon, et sans doute en équipe de France. Alors, neuf ou dix ?

Au centre, Matt Giteau est le joueur à mon sens le plus important du dispositif, et peut-être même le plus important de l’équipe toute entière. C’est le joueur qui est le plus souvent à l’origine des essais du RCT par ses actions décisives. « Si Wilkinson c’est les pieds du RCT, Giteau c’est les mains de Toulon« . C’est un joueur créateur, comme il en faudrait plus dans ce rôle à Toulon pour ne pas tomber dans la Giteau dépendance.

C’est peut-être aux ailes et à l’arrière d’apporter des solutions offensives, le triangle du RCT pourrait apporter un supplément de créativité à cette équipe. Smith, Armitage, Palisson et Lapeyre sont fiables, redoutables finisseurs et défenseurs, mais ils gagneraient sans doute à prendre plus de responsabilités dans le jeu et s’impliquer davantage dans l’animation et les relances.

 
 Parce que Toulon !!!
Pour conclure, Toulon a une très belle équipe et fait partie des trois prétendants les plus crédibles pour remporter le bouclier de Brennus, et pourquoi pas la Hcup. Le RCT est l’équipe qui réalise actuellement le meilleur début de saison du Top 14, cependant la route est encore longue jusqu’aux phases finales, et le RCT devra notamment être capable d’exprimer tout son potentiel lors des matchs éliminatoires pour pouvoir remporter des titres cette saison.

 

Laurent Delmas, rédacteur de « Rugby à XV de France ».

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