Interview de Pépito Elhorga: un match international peut se perdre pendant la semaine de préparation

Interview de Pépito Elhorga pour Rugby à XV de France.

photo Rugby à XV de FrancePépito Elhorga bonjour, vous suivez de très près le tournoi des 6 nations 2013 puisque vous  étiez samedi dernier au Stade de France avec la #TeamOrange en compagnie d’Emile N’tamack, Fabien Galthié et de Gaël Fickou.  Vous attendiez-vous aux deux défaites consécutives du XV de France d’entrée de jeu dans le tournoi 2013 ?

 

L'avis de Pepito Elhorga sur le tournoi des 6 nations 2013Bonjour Laurent. Oui effectivement je suis les débuts du XV de France dans ce tournoi des 6 nations 2013. J’étais au stade de France pour suivre le match France/Galles. Et pour tout vous dire j’avais plutôt misé sur deux victoires tricolores lors de ces deux premiers matchs, comme beaucoup de monde je pense.

 

Perdre face aux gallois, soit, mais la défaite face à l’Italie est plus préoccupante d’autant plus que les transalpins ont chuté lourdement ensuite en Écosse (34 à 10). Le XV de France a-t-il joué le rugby qu’il fallait face aux italiens ? Tactiquement, où fallait-il insister pour gagner à Rome ?

 

Certes sur ce premier match face aux italiens, tout n’a pas été parfait, loin de là. On n’a vu que trop peu de fois le vrai visage des bleus. L’équipe de France s’est retrouvée plusieurs fois en position de scorer et a très souvent perdu le ballon par maladresse ou s’est faite sanctionner par manque de soutien. Ce genre de match, l’équipe de France l’aurait gagné il y a quelques années. Mais l’Italie possède désormais une équipe compétitive, qui sait gérer les temps forts et faibles et qui exploite à merveille les ballons trop facilement rendus par l’adversaire.

 

Quel est votre avis à propos de la double titularisation de Wesley Fofana à l’aile ?

 

 

 

Wesley Fofana est un excellent joueur. En club il joue au centre et est l’un des meilleurs en Europe. Philippe Saint André le préfère à l’aile. Pourquoi pas. Même s’il s’en est bien sorti lors de ses deux matchs, il n’a pas encore les automatismes d’un pur ailier. Ce qui est normal. Je le verrais bien à son poste face aux anglais.

 

international de rugby Pepito Elhorga

Pepito Elhorga, 18 sélections avec les bleus

La France n’est pas la seule nation à connaître ce genre de contre performance. Cet été, les Écossais ont battu les Wallabies en Australie, les Samoa ont battu en novembre le Pays de Galles à Cardiff et les All Blacks ont perdu à Twickenham en décembre (ce qui n’est pas fait pour nous rassurer). Comment expliquez-vous ces résultats illogiques ? Par un supplément de motivation ?

 

On se rend compte que certaines équipes qui avaient du retard par rapport aux grandes nations comblent petit à petit le fossé qui les séparait. Le niveau se resserre et c’est très bien. L’état de motivation et la détermination restent bien sûr des ingrédients indispensables pour remporter un match. Regardez le match de top 14 entre Bordeaux Bègles et Toulon (41/0). D’un côté une équipe qui va lutter pour se maintenir dans l’élite et qui a été remarquable de courage et de solidarité, et de l’autre une équipe qui domine actuellement le top 14, qui reste favorite pour la HCUP et qui ne s’est pas totalement livrée sur ce match.

 

Un match international de rugby peut se perdre pendant la semaine de préparation

L’état de motivation au moment d’entrer sur une pelouse peut-il expliquer certains de ces résultats ? Peut-on au rugby perdre un match dans les vestiaires, avant même la coup d’envoi ?

 

 

Je dirais même plus. Les matchs peuvent même déjà se perdre durant la semaine. On joue comme l’on s’entraîne. Quand les entraînements sont de qualité durant la semaine, on emmagasine de la confiance et on arrive avec des certitudes sur l’état d’esprit et le jeu qu’il faudra mettre en place le week end. Pour autant la victoire n’est pas acquise, loin de la, mais au moins on s’en donne les moyens. Quand les semaines ne sont pas bonnes , difficile de rectifier le tir lors des matchs.

 

Le mental est très important. Samedi, juste après l’essai gallois on a vraiment l’impression que les français se sont effondrés mentalement. Les images de leurs visages hagards à ce moment-là sont flagrantes à l’écran. Pensez-vous que les joueurs français soient usés mentalement ? Le TOP 14 est-il un championnat stressant, y a-t-il surmenage ? Vous qui avez eu un rôle forcé d’observateur la saison passée pour cause de blessure, quel est votre opinion à ce sujet ?

 

Le TOP 14 est devenu une compétition très dure et compliquée à gérer. On en demande de plus en plus aux joueurs et surtout aux internationaux. Forcément à un moment donné il y a une baisse de régime des joueurs. Certains clubs se voient privés de leurs joueurs majeurs lors des matchs internationaux et n’ont plus le même rendement pendant cette période, d’où la colère de certains présidents et coachs. On voit quand même qu’il est indispensable de trouver une nouvelle formule qui soulagerait tout le monde.

 

Depuis l’arrivée de Philippe Saint André aux commandes du XV de France les avants français travaillent dans une certaine continuité et ont globalement de bons résultats en touche et en mêlée. En revanche chez les trois-quarts, cela semble plus compliqué de trouver la bonne formule. Pensez-vous qu’il soit plus délicat de faire des choix chez les trois quarts quand on compose une feuille de match ?

 

C’est un nouveau staff, un nouveau plan de jeu se met en place. Laissons du temps à Patrice Lagisquet et aux 3/4 de trouver la bonne carburation. On sait de quoi ils sont capables (tournée de novembre). Moi j’ai entièrement confiance en ce groupe. Sauf que parfois, dans une saison, on connaît une baisse de régime et c’est le cas. Je connais la force de caractère de certains joueurs comme Fred (Michalak) et Titi (Dusautoir). On peut compter sur eux pour rebooster le groupe et faire une performance en Angleterre.

 

Vous êtes sur le point d’arrêter votre carrière de joueur (ou est-ce déjà fait ?), quels sont vos futurs projets dans ou en dehors du monde de l’ovalie?

 

 

Oui, effectivement, je suis en pleine reconversion. Mes deux dernières années avec l’Aviron Bayonnais se sont plus passées à l’infirmerie que sur les terrains, malheureusement. J’ai vécu des moments extraordinaires et privilégiés que ce soit avec le Biarritz olympique, le SU Agen,  l’Aviron Bayonnais et l’équipe de France en tant que joueur pro. Je n’oublie pas bien sur mon club formateur, le club de rugby de Sare, et mon petit passage au Saint Jean de Luz Olympique. Mais à 35 ans, il est temps de tourner la page et passer à autre chose. Je soigne actuellement mes dernières blessures. Ensuite je suivrais une formation pour intégrer les transports Lataste, basés sur le pays basque, en tant que commercial. En parallèle je ferais quelques actions pour la LNR et Orange, ce qui me permettra de garder encore un petit pied dans le monde de l’ovalie. Difficile de tirer un trait quand on y a goûté 😉

Merci beaucoup Pépito, et bonne continuation !

Merci à vous Laurent, au plaisir.

 Laurent Delmas, le 20 février 2013.

PS: Pensez-vous que le XV de France va s’imposer face à l’Angleterre samedi ? Laissez ici un commentaire (connexion avec votre compte Facebook )

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